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C'est un 29 Février, en 1960 à Sidi-El-Houari, un faubourg d'Oran, que Hadj-Brahim Khaled pousse ses premiers cris. Très vite, en observant les films de ses idoles Elvis et Johnny et particulièrement cette manière bien à eux de faire hurler les jeunes filles, KHALED trouve sa voie.

A fond dans la débrouille, il déjoue le courroux paternel et sèche les cours pour enflammer les mariages de sa jeune voix de séducteur.

 
Mais il lui faudra attendre ses seize ans révolus pour balancer, son premier 45 tours "Trig Lycée", apologie provoc de la drague et de l'école buissonnière.
KHALED bravera tous les tabous pour devenir le porte-parole de cette musique là. Premier des Cheb ("jeunes"), il branchera le raï sur une prise de 10.000volts. Lorsqu'il débarque en France en 86, pour un Festival de raï à Bobigny, Cheb KHALED met le feu à l'hexagone. Ses cassettes l'avaient déjà précédé dans la communauté, mais KHALED agite son raï comme jadis Elvis son pelvis. Il décide de quitter l'Algérie pour s'installer dans la région parisienne. Son premier album "européen", "Kutché" au tournant des années 90 est un métissage vers le jazz et la pop. Mais c'est en 1992 qu'explose la bombe "Didi", premier hit d'un genre inédit: le raï-groove.
 

A trente et un ans, KHALED échange son titre de Cheb pour ceindre la couronne du King de la sono mondiale. L'album "Didi" produit à Los Angeles par le funky DON WAS se satellise tout autour de la planète. Deux ans plus tard, en 1993, KHALED publie "N'SSI N'SSI", produit par DON WAS et PHILIPPE EIDEL. Et, au crépuscule de l'année 96, KHALED entreprend son "troisième voyage de Simbad" avec "SAHRA". D'abord entouré de PHILIPPE EIDEL et du fidèle KADA, KHALED jette les bases de l'album dans le petit studio qu'il s'est installé à la maison.

 
Puis, il retrouve JEAN-JACQUES GOLDMAN au Studio Davout, pour y enregistrer l'invincible "Aïcha", son premier succès dans la langue de Molière. Un second titre imparable, "Le Jour Viendra", bâti sur une trame multi-colorée de violons et de oud (luth) naîtra de ces cessions dorées par GOLDMAN. Destination Jamaïque avec EIDEL. Ils retrouvent CLIVE HUNT qui a réuni pour l'occasion les cuivres des Wailers et quelques vétérans du reggae sound comme Mickey Chung. HUNT et EIDEL unissent leurs talents sur "ElHarba", un funky léger. Puis, à Kingston, au Tuff Gong Studio du clan Marley, il enregistre trois titres avec HUNT, où ses racines africaines percutent leur cousine jamaïcaine en un métissage inédit de "raïggae" :"Mektoubi" et ses cuivres incendiaires, "Raikoum" en high-life afro-oriental désorientant et surtout "Ouelli El Darek", imparable chanson d'amour couleur reggae-slow roots où les choeurs des I-Threes battent la chamade.
 

Enfin, au studio Davout, porte de Montreuil, KHALED retrouve Chill, Jo et Pascal, les marseillais d'IAM, pour mêler son arabe évanescent, à leurs rimes gauloises assassines, et à leurs boucles samplées. Et "Marseille", harissa-rap pulsé et cosmopolite a toute cette frénésie de la cité phocéenne.

"SAHRA", son troisième album, a toute l'énergie et la subtilité des nuances de sa langue. A une intonation près, le mot "SAHRA" signifie au choix ce désert luxuriant, une superbe fête ou le prénom de sa fille. Mais, au-delà des mots, "SAHRA" l'album le plus dépaysant du King de la raï fusion, est tout simplement UNIVERSEL.

 
 
KhamsaLa coutume, au Maghreb, veut que ce symbole protège du mauvais oeil.
Est-ce vrai ? Est-ce faux ?
Qu'importe !..
Le plus important c'est que cela fasse partie de ma Culture. (M.Sahnoun)

 

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